Mardi 23 septembre 2008

j'ai enfin trouvé comment répondre aux commentaires (patate, j'ai inauguré avec toi). à partir de maintenant, chacun aura sa réponse, à vous de chequear! ( = to check en espagnol)

Voilà depuis quelques jours, Tuku s'est transformé en petit coin de paradis. Sisi, je vous assure. Un soleil magnifique, une chaleur surprenante (on est presque en t-shirt !!); et surtout l'apparition du paysage d'automne, d'une beauté à couper le souffle. voilà quelques photos déjà, j'en prendrai d'autres demain






Voilà, sinon quoi de neuf ? Un petit passage à vide ces dernières semaines. Mal du pays, froid, pluie, casse-tête chinois pour choisir mes cours. Je n'avais pas trop la pêche pour écrire.

Mais je dois avouer que le temps m'a regonflée à bloc ! Je fais le plein de "vitamines solaires" comme on a pris l'habitude de dire.

Déjà, il est difficile de déprimer quand on déguste du saumon cuisiné à la finlandaise. Je ne connais aucun Français ici qui ne soit pas transporté au septième ciel, rien qu'à l'odeur.
Ensuite, je pars à Saint Pétersbourg dans une semaine ! J'espère qu'il fera beau bien sûr, mais je suis toute excitée à l'idée de pénétrer en territoire ennemi (les Russes ne sont pas mes amis, au même titre que le gouvernement américain).
Blague à part: il vaut mieux être française qu'américaine pour se rendre en Russie : comme par hasard, le prix du visa est de 45 euros pour la majeure partie des pays de l'UE (sauf pour les British, bien entendu, ils doivent aligner le double.. hahaha) et de plus de 120 euros pour les USA !
qui a dit que l'entente cordiale était rétablie entre les deux puissances les plus faux-cul du monde ?

Ensuite, mes cours ont commencé, et tout se passe plutôt bien. Je n'ai pas l'impression d'entendre du chinois en écoutant un cours en anglais, au contraire, je suis très étonnée de voir les progrès que j'ai fait en l'espace de deux mois.
Je poursuis mes cours de finnois avec enthousiasme. je parlerai sans doute aussi bien finnois à la fin de l'année que je ne parlais anglais au bout de 6 ans... La prof est super et sa méthode efficace !

Je me suis aussi fait plaisir en prenant un cours d'espagnol en finnois. Disons que c'est un cours en principe réservé aux Finlandais qui veulent apprendre l'espagnol, la prof parle donc à moitié en finnois, et à moitié en espagnol. Nous ne sommes que deux "étrangers". l'autre français ne parle pas très bien espagnol mail il a quelques bases en finnois (il a de la famille en Finlande), et moi, et bien je suis tout en espagnol, et je corrige les fautes de mon voisin, c'est super rigolo. en même temps, on a de nombreux exercices de traduction à faire, du finnois à l'espagnol; ce qui me demande un peu de patience (il faut d'abord que je "translate" du finnois au français) mais quelle joie de me rendre compte que je commence à percer les mystères de la syntaxe et de la grammaire finnoises ! du coup, je fais des heures sup' de finnois.
bon, le revers de la médaille, c'est qu'une fois sortie du cours, je suis incapable d'aligner un mot en anglais...

une photo de mon département de "contemporary history", l'un des plus vieux bâtiments de la fac


qui se trouve en pleine nature...

et un bâtiment plus moderne, la fac de droit :



et un parking finlandais...


Le week-end dernier, c'était aussi les journées du patrimoine en France (oui, je continue à suivre attentivement l'actualité); et ben, à Turku, c'était "Turku day"! pendant deux jours, des festivités grandioses !!! (bon, on parle de Turku, hein ? Pas de Pékin). les magasins ouverts le samedi ET le dimanche (pas tous), une super foire à "kauppatori" (market square = la place du marché non couvert qui se tient tous les jours sauf le dimanche), des spectacles de moumines et autres bizarreries typiquement finlandaises

comme le tango, fort apprécié de la population... ancienne...
(j'ai pris trois photos de pépé, à la fin il m'avait à l'oeil... pas sûre qu'il ait apprécié...)

et puis, quelques photos du marché quand il fait beau, juste pour le plaisir des yeux :

bon, les prix ne sont pas donnés, mais ils ont un peu de tout! (sauf des haricots verts et des courgettes... enfin, ils ont des courgettes qui ressemblent à des obus. elles font en générzl 800g-1 kilo chacune!!!!!)


les fruits finlandais par excellence: les airelles (ou baies rouges, comme vous voulez). c'est la saison, et les gens en achètent des litres et des litres ! on les cuisine avec du renne, du saumon, mais on évite de les manger crues (c'est un peu acide...)


le marchand de salades: le seul endroit où on trouve des salades normales !!! (encore une fois, les prix sont ahurissants...)

et puis, bien sûr, pas de Turku day sans feu d'artifice : nous assistons donc à une sorte de lancer de pétards à 21h (il fait nuit noire), les Français se tordent de rire: c'est un peu minable, avec un effort sur la fin. Mais le tout, c'est de faire la fête. et puis voir la tête des Petits vieux Finlandais ébahis, ou des minots de 3 ans, ça fait plaisir !


par anneso publié dans : je vous raconte ma vie
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Dimanche 21 septembre 2008

(désolée pour l'absence de photos. je me rattraperai dans le prochain article!)
Entre deux tempêtes, je prends le temps d’écrire. Bon, relativisons, il ne s’agit pas d’Ike ou de Gustav (tiens, on arrête avec les noms de filles pour les catastrophes naturelles ?) ; seulement d’une partie de l’identité finlandaise, la pluie. Je m’étonne qu’il n’y ait pas de problèmes d’inondations, très honnêtement. En fait, les Finlandais se fichent complètement d’être mouillés.
C’est là qu’on différencie un Erasmus d’une vrai Finlandais : le premier s’accrochera désespérément à son parapluie, la cagoule remontée jusqu’aux oreilles, les gants, l’anorak, et il pestera à voix (plus ou moins) haute contre ce fichu climat.


Heureusement, nous ne sommes qu’en septembre. Comme me l’a gentiment confirmé une Finlandaise, le pire est à venir… en novembre. Je ne m’en fais pas trop : qu’est-ce qui peut être pire que de la pluie en continue ? (Quand il commence à pleuvoir, ça dure 24h, sans aucune interruption, et je ne plaisante pas !) Oui, je sais ce que vous pensez, elle est chiante, celle-là, à ne voir que le côté négatif des choses. On a aussi de la pluie en France. Et une grosse crise économique en perspective. Et des grèves à tout bout de champ ! et un gouvernement qui fait plus dans Guignol que dans De Gaulle. C’est vrai, en Finlande, les grèves n’existent pas. Le facteur passe tous les matins (sauf le week end), les poubelles sont ramassées tous les jours (sauf le week end), les bus sont toujours à l’heure, les enseignants à leur poste. Pas de problème SNCF, ni Finnair. Pas de grève des pompiers, des ambulances, des hôpitaux, ou de la police (même si j’en suis encore à me poser cette question : à quoi ressemble un policier finlandais ??? Chose ahurissante, je n’en ai pas croisé un seul, depuis bientôt deux mois que je patauge dans la boue ici)

Je relaterai mes péripéties finlandaises dans un autre article. Ici, je vais me pencher sur leurs coutumes.


Niveau food, d’abord. Leur gastronomique est toujours aussi bonne. Sans rire, un des meilleurs moments dans notre journée de petits étudiants sérieux (à part les soirées bien sûr), c’est le repas au lounas (prononcez lo-ou-nasse), le mot finnois pour « self-service ». on a le choix entre les lounas in town, ou les lounas universitaires (leurs RU)… Rien que d’y penser, je bave sur mon clavier.

Après, je ne me suis toujours pas habituée à manger de la salade en pot. Oui, on ne trouve pas de salades. Il n’y a que des laitues (sauf à Helsinki où on peut trouver de la Romaine), et elles sont plantées dans un petit pot en terre. Enfin, si on peut appeler ça une salade. 5 feuilles qui se battent en duel, pour la modique somme d’1euro50. je raffole de salade, mais c’est vrai que ça fait un peu mal au porte-monnaie…


J’ai quand même résolu le problème du yaourt, je suis très fière de moi ! En fait, les finlandais ne mangent pas de yaourts « nature » en pots, comme nous ; mais en bouteille, comme du lait ou les yaourts à boire à la fraise qu’on trouve en France. J’ai découvert le rayon « bouteilles de yaourt nature », et c’est Alice au pays des merveilles (enrichi en ce que vous voulez, allégé, sans lactose, blablabla. Truc finlandais quoi) J’ai aussi trouvé mon pot de moutarde française Maille (je veux dire une moutarde sans épices), et de la confiture (française aussi. J’ai un peu le mal du pays, comme vous pouvez le voir).
Sinon, tout va bien, j’ai mes repères.

Ils sont donc dingues de charcuterie, mais on se fait aux tranches de jambon de 2cm, sous vide, vendue par boîtes de 200G (donc environ 20 tranches de jambon dans une boîte.. et là encore, sans sel, sans porc, sans gras, on choisit ce qu’on veut…) ; même chose pour le poulet, il se vend en tranches. Le rayon est énorme. Mais le plus impressionnant reste le rayon saucisses !!!!! Je n’aime pas trop ça, je vais donc être avare de détails, mais les amateurs de choucroute ou de saucisses Herta trouveront leur bonheur !


Un autre truc un peu bizarre, c’est la totale confiance que les Finlandais ont envers les clients. Je veux dire, je ne me suis toujours pas faite au système du « café self-service » : on demande un café à la caisse dans un lounas, ou dans un coffeeshop, on paye et on va se servir. Mais la plupart du temps, la machine n’est pas visible du comptoir où on a payé. Et là, on peut aisément se prendre un chocolat chaud, ou un cappuccino alors qu’on a payé juste pour un « kahvi » (c’est la même machine qui fait tout, on change le bouton, c’est tout). Et puis les tas de sachets de thé de différentes sortes à côté… et les petits gâteaux ou les chocolats « payants » mais qu’on peut prendre sans aucun problème. A chaque fois, je pense à ce que ça donnerait en France… Evidemment, si j’en parle, c’est parce que je suis parfaitement honnête. Je pense que c’est ça le truc : comme personne ne nous surveille, on a des problèmes de conscience, parce que c’est « trop facile », et au final, on reste dans le droit chemin (bon, après, je ne vais pas dire que tous les Français font comme moi, je n’en sais rien).

Niveau sport : les Finlandais sont fans de sport. Tout le monde a son vélo (sauf moi : Julia a un pneu crevé depuis deux semaines, et je n’ai toujours rien fait pour le réparer… à part investir dans une carte de bus. Je suis mieux au chaud que sur un vélo à affronter le vent et la pluie à 6 degrés).
Et l’abonnement au club de sport pour l’année universitaire est de 43 euros ! avec la possibilité de faire tout le sport que l’on souhaite. A savoir trois heures de fitness et deux heures de danse brésilienne, en ce qui me concerne. Quand je pense qu’en France, on n’a rien à moins de 300 euros l’année…

Ils se rattrapent sur le prix des livres et des cartes postales. Là, par contre, c’est du grand n’importe quoi. Le moindre bouquin de poche coûte aussi cher qu’un Lagarde et Michard ! Je ne parle pas du prix des revues (sauf les revues finlandaises, bien sûr… mais mon niveau en finnois ne me permet pas de comprendre les tribulations de Pamela Anderson, la star finlandaise par excellence). Au final, on achète sur Amazon, même avec les frais de port, ça revient moins cher.


Niveau scolaire et bizarreries : il ne faut pas confondre « avoir cours de 12 à 14 » et « avoir cours de 12.00 à 14.00 ». dans le deuxième cas, il faut être là pile à 12.00. dans le premier, le cours commence à 12.15 et finit à 13.45. on appelle ça le « quart d’heure académique ». Ils sont fous ces Finlandais ! Sinon, pour les examens, on peut choisir, dans la plupart des cas, la date. Et on dispose de trois chances ! Si on loupe la première fois, no souci, on réessaie.
Selon les cours, on peut avoir des « written examinations » (nos systèmes d’examens français : 4-5 heures dans une salle à réfléchir sur le sens de la vie), un « essay » à rendre, un book exam (on lit deux bouquins, puis on a un exam dessus), un « learning diary » (on rend un rapport sur chaque conférence), ou simplement une présence obligatoire au cours et une participation active. Je sais que pour pas mal d’Erasmus, c’est la panique totale. Mais c’est là que je me rends compte à quel point le système français est difficile et exigeants. En fait, les Français et les Allemands sont très rassurés en Finlande. Je plains de toutes mes forces les pauvres Erasmus finlandais qui vont étudier en France. Ça doit être l’horreur, de passer nos examens !

Je m’arrête là, autre article en préparation ! Hyvää Yötä (bonne nuit. Oui, il est une heure du matin ic)
par anneso publié dans : Coutumes finlandaises
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Jeudi 28 août 2008
Je commence d'abord par vous remercier pour vos commentaires, Auré, Lilizz, Idaline, Elodie, patate, ça me fait vraiment chaud au coeur, continuez à ne pas m'oublier !

Ouh lala, je ne suis pas très assidue ! Il faut dire que la connection internet dans ma chambre laisse à désirer (même si je suis consciente de ma chance: moi au moins, j'ai une connection dans ma chambre! les autres doivent trimballer leur ordi dans la cuisine pour capter)
problème en voie de résolution puisque je devrai avoir, à partir de minuit, ma propre ligne internet. Enfin, je vais pouvoir regarder desperate housewives sans aucune coupure (ben oui, les cours n'ont pas commencé, il faut bien s'occuper !)

Après plus d'un mois en Finlande, quelles sont mes impressions ?
Pour être tout à fait honnête, la France me manque beaucoup. Pas forcément la pollution et les embrouilles gouvernementales; mais ma famille et puis ma nationalité, d'une manière générale, même si c'est une étrange manière de le dire.
En plus, la Finlande est fâchée avec le soleil, on arrive rarement à avoir une journée "solaire" complète, les jours commencent à raccourcir, et le moindre rayon de lumière est perçu comme un miracle de la nature. Je n'attends pas novembre avec impatience !

Ces deux dernières semaines, j'ai quand même eu le temps de "voir du pays"; je veux dire plus que les boîtes de nuit ou les terrasses des cafés de Turku (le café à 2euros minimum, ça fait mal aux fesses, surtout que c'est du "self service", donc on ne paie même pas le travail du serveur)

D'abord, dimanche, visite de la charmante ville de Naantali, située sur une île faisant partie de l'archipel de Turku. Le temps étant maussade, les touristes et les Finlandais sont restés chez eux; nous avions donc la ville à nous !


voici une petite partie du groupe, Michelle, moi, Ana, Andreu, Alejandro agenouillé, et deux autrichiennes (Bernadette et heu.... ?)


Nous avons décidé de prendre le bateau pour l'aller.


 au retour, une partie du groupe avait emmené son vélo pour faire le chemin (l'île est reliée à la "terre ferme" par une route); pour ma part, je ne m'y suis pas risquée. Ma Julia est vraiment super, mais je doute qu'elle supporte un trajet aussi long et tourmenté.


Le belvédère nous offrait une super vue;



photos de la ville :




le parc :


 et j'aurais souhaité visiter la cathédrale, manque de chance, il y avait un enterrement au même instant. Nous nous sommes donc contentés de prendre des photos de l'extérieur, et de discuter pierres tombales (personne n'a osé prendre de photos après une ou deux histoires de revenants. il en faut vraiment peu pour effrayer les gens...)



Déjeuner dans une pizzeria, aux prix exorbitants; mais on finit par s'habituer à payer son repas 15 euros (petite exception toutefois: ici, l'eau était payante! scandaleux, quand on voit tous les lacs qu'ils ont en Finlande !)

Petit tour à la plage de Naantali, également. Un doigt de pied dans l'eau; mais il fait trop froid pour qu'on enlève nos manteaux. de toutes façons, nous sommes venus ici pour visiter, par pour nous baigner (mauvaise excuse, je sais)

trois germains, Julie et moi (ok, on voit pas grand chose)


Le retour s'est fait en autobus, à 5 euros le billet...

Le mardi, visite de l'île de Seili, l'une des plus célèbres et des plus belles de l'archipel de Turku. Cette fois, tout le groupe était présent. Nous avons pris le car, puis deux bateaux. Le beau temps n'était, une fois encore, pas au rendez-vous. Qu'à cela ne tienne, nous avions tout prévu: parapluies, parkas (pour être tout à fait honnête, j'ai dû squatter le parapluie de mon amoureux. j'ai la mauvaise manie de faire une confiance aveugle à la météo... qui raconte des salades. tout le temps !)

La maison d'été de la présidente Tarja Halonen (non, je blague, j'ai pas réussi à la prendre en photo)

Alex et moi...


Cette île est vraiment au bout du monde, et on trouve pourtant de "nombreuses" habitations éparpillées dans la nature. Il faut vraiment aimer la solitude et les moustiques pour vivre ici... Je reconnais que le paysage était superbe, mais je ne pense pas pouvoir passer une année entière loin d'une bibliothèque ou d'un cinéma.



Nous avons eu droit à une visite guidée. Je ne peux pas vous narrer l'histoire de l'île, si ce n'est qu'elle a abrité un hôpital psychiatrique. La guide était charmante, mais son anglais épouvantable, et au bout de dix minutes, mon cerveau s'est mis en mode veille.

Visite de la seule église de l'île, très vieille, très belle, avec l'habituel bateau suspendu à l'intérieur. il faut savoir que toutes les églises de Finlande ont un navire, censé porter chance aux pêcheurs qui venaient à la messe.




Et grâce à ma chance légendaire, la seule piqûre de moustique fut pour moi, en plein sur la paupière inférieure. le lendemain, je ressemblais à un sosie de Hulk; obligée de sortir avec des lunettes de soleil pour ne pas faire peur aux petits enfants. Heureusement, le service médical de la fac est très compétent, et deux jours plus tard, j'avas retrouvé mon oeil. (non pas de photo !)

Après la visite de l'église, nous entamons le chemin inverse pour reprendre le bateau, et le car. Manque de pot, la route est bordée par des fleurs de toutes les tailles et de toutes les sortes, et je perds plus d'une fois le groupe de vue, en attendant qu'Alejandro ait fini de prendre en photo le moindre pédoncule.  Je veux bien qu'on ait une passion pour la nature, mais bon, une rose est une rose; une photo devrait suffire non ? Je n'ai pas du tout envie d'être oubliée à Seili.


A 14heures, nous nous arrêtons dans un restaurant finlandais; et c'est vraiment la révélation : les Finlandais ont des produits absolument infects dans les supermarchés, leur pain noir me cause d'affreuses douleurs à l'estomac. Mais les quelques plats traditionnels sont une pure merveille. Je n'avais encore jamais aussi bien mangé depuis mon arrivée. Nous goûtons à des tas de poissons différents; les sauces sont exquises, le pain fait maison; je fais l'impasse sur les habituels plats de riz/patates/boulettes (je ne peux plus les voir en peinture), et me sers copieusement de tous les plats susceptibles de contenir du curry. au final, tout le monde dépasse les limites de son estomac, et le chemin de retour vers Turku est l'occasion d'une bonne digestion et d'une sieste générale (dans le bus)

La semaine suivante fut un peu plus studieuse. Mardi, j'ai passé mon examen final de finnois et obtenu la note maximale (allez, jetez-moi des fleurs, j'adore ça); ce qui m'a convaincue de continuer à étudier cette langue. d'autant plus que j'ai déjà 7 crédits assurés, sur les 60 que je dois avoir pour valider mon année.
Le mardi après-midi, nous avons aussi eu droit au déjeuner d'adieu, dans un des meilleurs restaurants de Turku (cuisine traditionnelle). Petit dérapage avec mes deux amis anglais et Julie, nous faisons la razzia des chocolats qui accompagnent le café (tout est sous forme de buffet, il y avait donc un grand panier pleins de bonbons et de chocolats... servez-vous svp), ce qui nous vaut une copieuse engueulade de Gerda, la Hongroise, furieuse de ne pas avoir son choco pour accompagner son café-crème et ses 5 parts de tarte à la myrtille.

Depuis mercredi, je suis dans mon "orientation course"; nous sommes dans un amphi une grand partie de la journée, pour avaler le maximum d'informations sur le fonctionnement de la fac, etc. Un peu ennuyeux...
A mon étage, par contre, c'est du grand n'importe quoi: trois allemands, une autrichienne, toujours Michelle la hollandaise, un Brésilien et.... nous sommes 4 françaises !! l'horreur! moi qui voulais parler exclusivement en anglais et en espagnol !!! Les espagnols sont tous à l'étage au-dessous ou dans les autres bâtiments; les Françaises, comme à l'heur habitude, se comportent comme si le monde leur appartenait (enfin pas toutes, juste la fille du fond qui invite ses copines à des kitchen's parties jusqu'à minuit, avec un maximum de bruit, la porte de la cuisine ouverte pour laisser toutes les odeurs d'oignon se répandre dans l'étage, et la table dégueu le lendemain matin). Heureusement, les Espagnols semblent m'avoir acceptée comme "fausse française" et je peux continuer à parler cette langue que j'aime par-dessus tout. Et oui, mon amoureux est parti étudier à Helsinki, c'est donc un peu plus difficile de pratiquer l'espagnol H24, et même si je râlais il y a deux semaines (j'en ai marre de parler espagnol ! apprends le français s'il te plaît!), ça me manque sérieusement.

Ce soir, première "soirée erasmus" organisée par l'association étudiante. Qui sera suivie par de nombreuses autres dans l'année. J'ai également acheté mon ticket pour le "week end cottage" organisé fin septembre : un week end en forêt avec 100 étudiants erasmus et des litres de bière, ça promet d'être joyeux.


par anneso publié dans : Visites
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Dimanche 17 août 2008

Voilà déjà deux semaines que je suis à Turku, et je commence petit à petit à prendre mes repères. Comprenez : je me perds de moins en moins quand je me rends dans le centre-ville. Surtout que, désormais, je ne me déplace plus jamais sans ma Julia, une vieille bicyclette finlandaise de 78 ans, plus légère qu’un vélib, mais qui n’aime pas trop le vent (quelques bleus spectaculaires sur mes jambes…)


 

Avec le groupe, nous avons déjà visité les principaux « famous buildings » de Turku. Pour être honnête, il n’y a pas grand-chose à voir dans la ville. La cathédrale, le musée des arts et le Turunlinna, le plus vieux château de Finlande. Avec trois bricoles à l’intérieur, et des escaliers à n’en plus finnir.

 

A ce propos, Turku se prépare à devenir la capitale européenne de la culture en 2001, ce qui laisse les touristes aussi bien que les Finlandais fort sceptiques. Mon tuteur se gratte la tête pour comprendre ce que Turku va bien pouvoir faire pour se hisser au rang de capitale culturelle, avec Tallinn.

 

Le château

 

Le vieux quartier de Turku : ce sont les seules maisons à n’avoir pas brûlé durant le terrible incendie de 1827 qui ravagea la ville.



Comme vous les voyez, le soleil brille...


 

La cathédrale

 

Sinon, les cours de finnois avancent à grands pas. On m’avait dit que ce serait intensif, mais là, ça frise le death. Chaque jour, deux nouvelles règles de grammaire à digérer, et l’examen dans quelques jours. Les Finnois sont encore plus fous que les Français pour ce qui est des verbes irréguliers, même si les profs s’entêtent à nous dire que tout est very « logical ».

 

J’essaie aussi de m’adapter à la vie quotidienne finlandaise en elle-même. Je me suis acheté un super Nokia et une « pre-paid card » qui me permet de téléphoner à des prix défiant toute concurrence, même pour des appels vers l’international ; les repas pas chers à la cafétéria universitaire, avec pain et salade à volonté. Non, pains, pardon. Les Finlandais sont aussi dingues de pain que les Français, et le rayon à la cafet’ est assez extraordinaire. Dommage que tous les pains se vendent en sachets dans les supers ; le pain frais de boulangerie me manque atrocement.

En revanche, pour les repas pris en dehors du lunch, c’est le parcours du combattant. Tous les produits sont en finnois, même ceux importés de France ou d’Angleterre. Je ne suis pas toujours sûre de la composition, en particulier pour les yaourts. Ici, on les vend à l’unité, par pots de 150, voire 200g. Il est très difficile de trouver des yaourts « nature » qui ne soient pas allégés, ou enrichis en vitamines ; par contre, les yaourts aux fruits, on en trouve à la pelle. J’ai réussi à mettre la main sur des Activia, qui se vendent par deux, pour le prix de 8 en France.

Le rayon « lait » est aussi très impressionnant. Les Finlandais ont pour habitude de boire du lait à tous les repas (la bière étant réservée au mercredi et eux week end). C’est moins flagrant qu’il y a dix ans, mais le nombre de laits différents dépasse mon entendement. A la cafet’, on a le choix entre 7 laits différents pour le déjeuner ; ainsi que 5 sortes de beurre (ici, on ne mange pas son pain nature, mais copieusement beurré).

 

Pour la viande, c’est un peu plus dur. Il est impossible de trouver des filets de poulet ou de bœuf comme on en trouve en France. Tout se vend sous vide par 400-600g ; et le plus souvent, tout est mariné. Les Finlandais sont fanas d’épices et de sauces, mais franchement, les préparations sont peu appétissantes. Difficile, aussi, de trouver du poisson « nature », à part au marché. On aura plutôt le choix entre trois types de poissons panés, du thon cuisiné… Leurs œufs n’ont pas la même couleur qu’en France, et je n’ai toujours pas réussi à acheter du jambon « normal ». Par contre, pour ceux qui aiment la charcuterie (saucisses, etc), les supermarchés finlandais sont une vraie merveille.

 

Un petit mot aussi sur l’alcool : la consommation est strictement contrôlée : on ne peut acheter d’alcool que dans les magasins spécialisés (pour peu qu’on ait 10 euros à dépenser pour une bouteille de très mauvais vin australien) ; en revanche, le bière est en libre service un peu partout. Des montagnes de packs, en particulier la fameuse « lapin kulta », ou la « reindeer piss » comme disent mes copains British ( de la pisse de renne, parce qu’elle est assez dégueu… mais pas chère) que les Finlandais et les étudiants étrangers boivent comme du petit lait.  


 

Quant aux cigarettes, pas de marchand de tabac, on achète tout dans les supermarchés. Le prix est également super attractif, par rapport à la France. Là encore, le tabac en libre-service est quelque chose d’étrange pour un Français. Mais le plus étonnant, c’est que les Finlandais ne fument vraiment pas beaucoup. Si le tabac se vendait de cette manière en France, le nombre de cancers augmenterait de manière fulgurante.

 

Mon tuteur m’avait dit que l’été durait jusqu’à la fin août en Finlande. Force est de constater que ça ne sera pas le cas cette année. J’ai investi dans une polaire, et je sors rarement sans mon écharpe. J’ai aussi les mains congelées, mais je ne peux me résoudre à mettre des gants. Comment affronter l’hiver, sinon ?


 

Au Student (là où j’habite), les fêtes continuent. Les appartements se remplissent petit à petit d’étudiants de toutes les nationalités ; les Allemands et les Espagnols sont majoritaires, ceci dit. Mon étage compte un Germain de plus. Les deux Grecs s’en vont dans une semaine, j’espère ne pas être envahie par l’armée française... Même si c'est un plaisir de délaisser l'espagnol et l'anglais pour discuter avec la seule Française de mon groupe de langue, fille avec laquelle je m'entends super bien.
Voilà Julie

Je mettrai des photos de groupe une autre fois.

Je finis quand même par la photo la plus représentative du méli-mélo étudiant/linguistique de Finlande, représenté par Piggyduck, ou encore pato-cerdo, ou en français le canard-cochon qui trône à l'entrée du Student village:

par anneso publié dans : je vous raconte ma vie
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Dimanche 10 août 2008

Jyväskylä, la « capitale » des la région centrale des lacs. (prononcez « Yuvaskula ») Ville qui ne paie pas de mine, habituelles galeries commerciales (il y en a des dizaines dans chaque ville de Finlande, à cause du froid : l’hiver, les Finlandais « vivent » dedans), rues rectangulaires, immeubles modernes et austères.


 

Mais tout autour, naturellement, de merveilleux lacs, des forêts à n’en plus finir. Et le campus universitaire de Jyväskylä est aussi une réussite : rien à envie aux campus américains. Les Finlandais savent y faire pour rendre les études de leurs petits plus agréables !

Nous en profitons pour visiter le musée dédié à Alvar Alto, l’un des plus célèbres designers finlandais, aussi grand architecte, qui a fait des choses vraiment vraiment étonnantes.

 

Puis, en chemin, visite d’une autre église (je vais finir par renier le catholicisme pour le protestantisme)


 

Petit arrêt au marché d’une ville sur la route de Tampere ou nous faisons nos provisions de fraises et de framboises. Autant les produits laitiers sont hors de prix en Finlande, autant le prix des légumes et des fruits est tout à fait abordable pour nous, parisiens. Et surtout, les fraises ont un goût absolument exquis !!! Je n’ai jamais mangé d’aussi bonnes fraises. Sur n’importe quel marché finlandais, on trouvera une dizaine de petits vendeurs de « berries » : mûres, myrtilles, airelles, framboises, et bien sûr, les fraises, et de temps en temps des cerises (je n’en ai pas encore goûtées, ceci dit)

 

 La plupart des poissons sont marinés, avec poivre, sauce, ou whatever, mais on peut aussi trouver du poisson nature. Beaucoup de saumon, bien sûr, mais également des perches ou encore de la dorade. Mes connaissances  « poissonnesques » finlandaises s’arrêtent là, j’ai toute l’année pour approfondir ma culture dans ce domaine.

 

Et dans l’après-midi, nous arrivons à Tampere, troisième plus grande ville de Finlande si mes souvenirs sont bons. On la dit très industrielle, défigurée par des buildings modernes, etc. Mais en fait, elle n’est pas plus « laide » que les autres grandes villes finlandaises. Et puis, qui soucie de l’allure des immeubles quand on a devant soi de magnifiques parcs couverts de fleurs rouges, une eau nickel, un ancien quartier ouvrier totalement rénové, avec des vieilles maisons à visiter ?



Jeudi 30, nous arrivons à Turku, terminus du voyage. Premières impressions assez mitigées : la voiture s’arrête dans une rue version Texas : vieilles maisons en bois, devantures un peu sombres et poussiéreuses, soleil de plomb. Pour un peu, je regretterais presque de n’avoir pas choisi Tampere pour mon année Erasmus.

 

Nous déposons nos affaires à l’hôtel et partons faire un tour de la ville. Qui me paraît immense. N’ayant aucun sens de l’orientation, je commence à paniquer. Je n’ai pas intérêt à me perdre.

Nous longeons une partie de l’Aura, ou Auraki, le fleuve qui traverse Turku. C’est l’époque du festival de rock, et des milliers de Finlandais sont assez un peu partout sur l’herbe, une (ou trois) bière à la main.



 

Le lendemain, j’ai rendez-vous avec mon tuteur. A chaque Erasmus est, en effet, attribué un étudiant finlandais pour l’aider à se repérer dans la ville, à s’occuper des différents papiers administratifs, etc. Le mien est parfait. Il sait même un peu parler français. En deux jours, je suis officiellement étudiante à Turku : carte de bibliothèque, compte en banque, enregistrement à la poste, inscription à la fac.



 

Last but not least, je récupère les clefs de mon appart. Je loge au « student village ». Il s’agit d’une petite ville à la périphérie de Turku, où résident la plus grande partie des étudiants, qu’ils soient internationaux ou finlandais. Ceci dit, les Erasmus ne vivent pas avec les Finlandais, pour éviter que les perpétuelles fêtes estudiantines ne viennent trop perturber ces derniers.


vue de mon appart :

 

Les routes sont en état de rénovation. C’est d’ailleurs le cas de la moitié de Turku. Je suis dans le bâtiment 3 B, troisième étage. Qui n’existe pas. Les Finlandais ont des coutumes bizarres. Le premier étage est en fait le RDC pour nous et ainsi de suite. J’ai intérêt à faire attention à la fac.

L’appartement est fonctionnel, 18m², une salle de bain pour moi, lit, bureau, placards.



Les murs blancs n’attendent qu’une déco personnalisée. Quant à la cuisine, c’est la pièce la plus agréable. Très vaste, pour accueillir pas mal de monde. J’ai ce qu’on appelle un « single flat », et je partage la cuisine avec 11 autres étudiants. Pour le moment, nous ne sommes que 4, deux grecs et une Hollandaise



 

Petit tour au supermarché Prisma (une sorte de Carrefour géant) pour acheter les produits de première nécessité. Manque de chance, j’ai oublié mon dictionnaire. Je me retrouve donc avec une sorte de pâte blanche salée en guise de beurre, et de la mayonnaise à la place de la moutarde.

 

Nous partons ensuite à la recherche d’un vélo. Petit problème : une bicyclette vaut à peu près aussi cher qu’un scooter (à peu près). Comment est-ce possible avec le nombre de vélos au mètre carré à Turku ???? Je remets cette acquisition à plus tard.

 

Le vendredi matin a lieu mon premier cours de finnois. J’ai déjà quelques bases, grâce à ma méthode Assimil made in France, et c’est à ce moment-là que je me rends compte pourquoi les Français sont aussi nuls en langue. Ici, il n’est question que de participation, interactions avec nos voisins, échanges en anglais. Bref, un cours dynamique qui ne nous permet pas de somnoler dans notre coin pendant que la prof récite les règles de grammaire, comme c’est la coutume dans notre pays.

A ma grande surprise, je comprends pratiquement toutes les explications données en anglais. C’est certes un peu fatiguant, mais j’ai bon espoir de réussir à prendre des notes quand mes cours débuteront dans un mois.

 

Dans mon groupe EILC, nous sommes une petite trentaine. La française qui devait participer au cours n’arrivera pas avant lundi ou mardi. C’est bien la première fois que la France est minoritaire quelque part. Je me rapproche donc des espagnols qui parlent à une vitesse ahurissante, mais ça me demande moins d’efforts que de communiquer en anglais. Ils sont d’ailleurs tout contents de m’entendre parler leur langue, et je reçois des compliments sur mon accent. Moi qui avais peur d’oublier l’espagnol durant mon année Erasmus, faute de pratique, je suis rassurée. A ce rythme, dans deux mois, je suis bilingue.

 

Les Espagnols ont une fâcheuse tendance à ne rester qu’entre eux (ils sont aussi nuls que les Français en anglais), et je quitte momentanément ma « nationalité » d’adoption pour aller faire connaissance avec le reste du groupe. Chance ! Je rencontre deux British pure souche. Accent inimitable, gentillesse et politesse indescriptibles, avec cette petite touche de snobisme qui caractérise leur manière de s’exprimer. Je jouis d’une position particulière par rapport aux autres, puisque je suis française ! Et c’est bien connu, les Anglais et les Français s’adorent (qui a dit que nous étions en guerre perpétuelle). Nous entamons donc une grande conversation, mêlant paroles et gestes, avec de temps en temps, un « please, could you speak slowy ? »

 

Il y a aussi deux Italiennes, ce qui me permet de rafraîchir mon italien ; une autre anglaise un peu précieuse, des slovaques, un serbe, des Hongrois, les habituels Allemands, ma voisine hollandaise, les deux grecs, une Autrichienne, un tchèque au rire tonitruant et une colombienne qui vit depuis trois ans à Nice et parle un français presque impeccable. Même si elle préfère communiquer presque exclusivement en espagnol.

 

Le vendredi après-midi, je pars en excursion avec mes parents, sur l’île de Ruissalo, qui fait partie de l’archipel de Turku, l’un des plus beaux du monde. Les paysages sont à couper le souffle, et nous décidonc d’explorer les environs en louant des vélos. Nouvelle surprise : les Finlandais ont leurs « propres vélos ». Pas de dérailleurs, pas de freins, on s’arrête avec les pédales. Ce qui me vaut une splendide chute et met fin à notre désir de circuler à bicyclette.

Peu de Finlandais sont présents sur la plage. Pourtant, la mer est assez agréable (entre 19 et 20 degrés).

 

Le samedi matin, nous visitons le marché couvert de Turku, une petite merveille en briques avec des étals tous plus appétissants les uns que les autres. Il est impossible de trouver une boulangerie ou même une boucherie en ville. Il n’y a que des supermarchés, et les commerçants sur la place centrale qui viennent chaque jour vendre leur production. Mais ici, je découvre plusieurs « stands » de viande, poissons, divers pains et viennoiseries.


 

Samedi, c’est aussi le jour des adieux, mes parents m’abandonnent dans un pays où les gens commencent à boire de la bière à partir de 9heures du matin et où la moutarde « nature » n’existe pas…

par anneso publié dans : je vous raconte ma vie
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Mardi 29 juillet 2008


Les mois de juillet et d’août sont les plus chauds de l’été en Finlande. Ma mère n’aimant pas trop le froid, mais mourant d’envie de découvrir un bout de Scandinavie, voilà toute la famille partie pour une semaine de vacances dans le Sud de la Finlande. Objectif : compter le nombre d’arbres et abandonner leur fille aînée à Turku, sans cailloux pour qu’elle retrouve son chemin (hahaha).

 

Nous commençons donc par Helsinki. Pas de problème pendant le vol, si ce n’est un petit incident au décollage avec un passager fantôme « votre attention s’il vous plaît, y a t il un passager pour Bordeaux dans ce vol à destination d’HELSINKI ? » (Aucune réponse : je comprends le clandestin : si j’avais eu le choix, j’aurais fait pareil.)

 

J’ai passé mes courtes vacances d’été dans le midi à chercher des Finlandais. En vain ! A l’exception d’un camping-car, pas de trace de ces mystérieux people. Du coup, à part les voix de ma méthode Assimil, je n’avais pas la moindre idée de la manière dont ils s’exprimaient.

Choc important dans l’avion, donc. Ça papote, ça papote, dans un finnois impeccable (enfin, je suppose). Quelques Frenchies égarés, mais pour le reste, tous les Finlandais de France ont décidé de rentrer chez eux.

 

Deuxième choc « culturel » : en arrivant à Helsinki cette fois. Des blonds partout. Les seuls Finlandais bruns sont en fait des « rebelles » qui ont teint leurs cheveux. C’est marrant, d’ailleurs, quand on y pense : en France, les filles se teignent en blond ; en Finlande, c’est l’inverse. Du coup, je détonne un maximum au milieu des nordiques. Ceci dit, toute cette blondeur doit être tellement banale que les Finlandais sont plus attirés par l’exotisme que représentent les « étrangers » ; je finis donc par décomplexer un peu.

 

Je ne serai jamais une vraie Finlandaise.

 

Helsinki, capitale de la Finlande. On se demande un moment où sont ses habitants. Plus de 500 mille si le Guide du Routard ne se trompe pas. Et pas un chat dans les rues. Ah, si ! Tous aux terrasses des « kahvila » ou cafés, en train de siroter la boisson nationale : la bière !

 

Comme la quasi-totalité des villes finlandaises, Helsinki possède un quadrillage parfait, qui n’est pas sans rappeler un certain style soviétique : d’immenses rues aux immeubles plus ou moins imposants, de larges trottoirs et chaussées. Et des pistes cyclables absolument partout ! Le vélo est roi en Finlande.

 

Voici quelques photos de monuments célèbres de la ville

 

le palais présidentiel (Madame Tarja Halonen doit être en vacances, pas de gardes pour l'entrée)

une perpective de rue

Et parce que c’est quand même trop rigolo, sachez que la mode finlandaise est au style gothique, voire gothique hard ! Une bonne partie des ados se teint les cheveux en noir corbeau, avec chaînes, piercings, énormes boots, vêtements noirs et plus si affinités…

 

Après une nuit dans la capitale, nous prenons la direction d’Imatra, cité située en bordure de la frontière russe. Petit arrêt obligé à Porvoo, sorte de village de conte de fées. On s’attend presque à voir sortir les sept nains.

 

 

Mais pour être honnête, ce village n’est pas un cas unique en Finlande. J’ai envie de dire que TOUTES les maisons sont dans ce style : d’adorables chalets en bois de toutes les couleurs, perdus en pleine nature. Plus vert que la Finlande, tu meurs !

 

Petite anecdote  au sujet de Porvoo : c’est une ville à majorité suédophone, d’où la célèbre blague, entre deux Finnois : t’es déjà allé à l’étranger ? Non, mais je suis allé à Porvoo. Oui, c’est l’humour finlandais. Y a pire que nous…

 

En arrivant à Imatra, nous sommes un peu bousculés par des Russes. C’est facile de les reconnaître, ils se croient tout permis, ne sourient pas, ne disent pas bonjour, et parlent très fort. Pour la petite histoire, la Finlande a longtemps été sous domination russe, puis a souffert de la guerre et de l’omniprésence soviétique. Avec pas mal de morts à la clef. D’où une haine des Russes assez incroyable. Pour ne rien améliorer dans les relations finno-soviétiques, les Russes (enfin les riches) sont en train d’acheter toutes les jolies maisons finlandaises, ce qui fait grimper le prix de l’immobilier. Colère finlandaise générale !

 

Petit arrêt café avant de gagner Imatra…

 ( la vue du café: voici les "immeubles finlandais")

La ville d’Imatra en elle-même n’a rien d’exceptionnel, même chose qu’Helsinki, mais en plus petit et en beaucoup plus moche, la rue principale avec la galerie commerciale, la place où se rassemblent les buveurs de bière tous les soirs à partir de 17h (soit toute la population ne âge de consommer de l’alcool), des immeubles assez quelconques. Et, tout autour, les habituels petits chalets bariolés. Le tout, bien sûr, dans un cadre splendide. Parcs, arbres, lacs. On ne sait jamais où donner de la tête.

Imatra est surtout célèbre pour ses rapides. La ville organise d’ailleurs chaque soir un petit spectacle pour les Touristes. Et gratuit en plus ! Pendant 20 minutes, avec en arrière fond de Sibelius (le plus grand compositeur finlandais, pour ne pas dire le seul...), on ouvre les vannes d’un lac artificiel, et l’eau se déverse suivant le même système que l’écluse pour alimenter le lac qui se trouve beaucoup plus bas.

 

Ici, quelques courageux… ou une autre manière de regarder le spectacle, la tête en bas !

 

Le lundi, direction Jyväskylä. Ici, photo de l’une des plus vieilles églises de Finlande.

 

Puis, pause déjeuner au bord d’un lac. Et oui, on peut bronzer en Finlande!



 Depuis Imatra, nous sommes dans les lacs jusqu’au cou ! La plupart du temps, la route est au milieu du lac, ce qui donne un paysage assez exceptionnel. Et le beau temps ne fait qu’embellir le tableau !

 

Et parce qu’il n’y a pas que les Finlandais à avoir le droit à des jolies maisons, voici le local à poubelle !

 

Prochain article : From Jyväskylä to Turku !

 

par anneso publié dans : Visites
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Mardi 29 juillet 2008

 J’inaugure ce blog en commençant par un grand merci aux pères fondateurs de l’Union européenne grâce à qui le programme Erasmus a pu être mis en place.

Non, sérieusement, pouvoir se la couler (plus ou moins) douce pendant un an dans un pays étranger, en recevant même une petite subvention, je trouve ça super ! (Petite pensée à Monsieur Erasme...)


 

Voilà, donc, étant étudiante à sciences po Lille, mon cursus « m’oblige » à effectuer une année scolaire à l’étranger. Mon anglais étant assez médiocre, j’ai dû abandonner mes rêves andalous ou chiliens (j’ai une passion pour l’espagnol), et opter pour un pays à fort potentiel anglophone.

 

Et parce que je n’aime rien faire comme tout le monde (et surtout parce que je suis spécialisée dans les affaires européennes, donc aucune manière de justifier un éventuel départ aux States), j’ai choisi la Finlande.

 

Ce vaste pays de 5 millions d’habitants et des brouettes compte deux langues officielles : le suédois et le finnois (on ne parle pas finlandais !! une bonne fois pour toutes, le finlandais, c’est la nationalité !), plus le sâme dans le nord du pays. La Finlande a donc dû se mettre à l’anglais, et fissa, pour s’intégrer dans l’UE, et plus généralement dans les échanges internationaux. Ce qui permet, entre autres, aux petits étudiants comme moi, de passer un an dans cet Etat réputé pour ses forêts, ses lacs (187 888 tout de même !) et ses saunas. Les cours sont principalement en anglais, et pratiquement tous les Finlandais de moins de 50 ans maîtrisent parfaitement cette langue (pas comme les Français…)

 

Et tant qu’à faire, pourquoi ne pas en profiter pour apprendre le finnois ? (le suédois, ce sera pour plus tard…). Ainsi donc, en plus de mes 10 mois Erasmus, je me suis inscrite à un stage intensif de finnois pendant tout le mois d’août, histoire de me fondre dans la masse des Finlandais ( ils sont grands, blonds avec les cheveux raides ; je suis petite, brune avec des boucles. Mais c’est un détail).

 

Le truc un peu rebutant, dans ces échanges internationaux, c’est la paperasse administrative. On a régulièrement l’impression qu’on ne partira jamais, qu’il manquera toujours une photo d’identité, un centime ou un coup de téléphone.

Je crois même qu’on devrait remettre une médaille à tous les étudiants qui parviennent à leur fin. Une victoire contre l’infâme système administratif français (et son manque préoccupant de personnel), c’est la moitié des crédits exigés pour valider l’année.

 

Heureusement, la complexité et le fouillis français administratifs sont largement compensés par l’efficacité et la prévenance finlandaises. Jamais vu des gens aussi polis ! Ils répondaient à tous mes mails dans les 24h maximum et se confondaient en formulations de courtoisie : kind regards, have a nice day, yours sincerely… En France, on a le droit à un « cordialement » quand l’interlocuteur est de bonne humeur… et qu’il répond aux mails !

 

Bref, impression positive dès le départ. Je suis heureuse de mon choix. Les informations sont claires, j’ai d’ores et déjà un tuteur qui m’aidera à récupérer les clefs de mon logement, plus ouverture d’un compte en banque, patati et patata (en plus, il parle français)

 

 

Le 26 juillet, je dis donc au revoir à la France et décollai pour l’inconnu…

par anneso publié dans : je vous raconte ma vie
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