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je vous raconte ma vie

Lundi 6 juillet 2009


Mes aventures finlandaises s'achèvent ici. Entre le début et la fin de mon blog, je ne peux que noter le changement majeur que j'ai subi. Partie avec une bonne dose de scepticisme dans mes bagages (pourquoi m'oblige-t-on à quitter la France pour un truc aussi pourri que la Finlande ?), je reviens le coeur brisé, avec pour principale ambition celle de finir mon cursus sciences po afin de décrocher une place à l'université de Helsinki dans deux ans, pour leur master en affaires européennes.  En attendant, je m'apprête à passer une année et demie pluvieuse à Lille (les six derniers mois de ma cinquième année seront consacrés à un stage... en Finlande ?), au milieu de ma "secte" ( = les Français), loin des lacs, de la neige et des vélos finlandais. En poursuivant mon étude de la langue finnoise, et l'apprentissage du suédois (j'aimerais me spécialiser dans les affaires européennes, section nordique, après).



Je n'aurais pas pu rêver de meilleur pays pour mon année Erasmus. Il faut se faire au mode de fonctionnement des Finlandais, mais le reste n'est que de la neige poudreuse et sucrée. On en prend plein les yeux, on apprend l'honnêteté, la confiance, la vie très chère, le système universitaire performant et "reposant", la nature et le silence, l'eau glacée et le sauna, le saumon, les pullat/brioches et le chocolat Fazer, Akateeminen kirjakauppa et Marimekko, les salons de thé à la finlandaise (adresses dans mon autre blog, voir plus bas), les problèmes d'alcool et les vieilles églises en bois, les fraises, les baies et les employés jamais en grève, les trains jamais en retard, les lounas, le sport, et le finnois, tietysti!


















Cela dit, je n'ai pas fini de comparer les deux pays et de faire l'éloge de la Finlande. Pas sur ce blog, ceci dit, ça me ferait trop à gérer. Mais si vous voulez d'autres infos (plus ou moins subjectives, pour être honnête), allez donc consulter mon autre blog, qui a une section réservée à la Finlande : http://unmondepresquerose.mabulle.com/index.php/Rubrique-finlandaise-vihdoinkin-netissa

Näkemiin !!!
Par anneso
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Samedi 24 janvier 2009



Une récompense à qui peut traduire le titre !

reprise tranquille du rythme de vie finlandais. Je ne souffre pas d'une surcharge de cours (à tel point que j'ai dû m'en rajouter pour éviter de m'ennuyer... ), du coup, je passe une grande partie de mes journées à bosser le finnois avec l'un de mes amis. Qui a dit que l'objectif bilingue finnois était impossible à atteindre en 10 mois ?

Les gens de mon étage sont sympas, une montagne d'Espagnols. (ils arrivent au compte-goutte, pour ne pas que l'on pense qu'ils préparent une invasion) du coup, j'en oublie parfois comment on parle anglais, ce qui n'est pas très sérieux (c'est quand même le but premier de mon atterrissage à Turku!).

Triste nouvelle ceci dit: les magasins sont à nouveau fermés le dimanche. Heureusement, certaines particularités finlandaises viennent égayer notre fin de week end: les cours de sport, de tango finlandais; les terrains de football "outdoor" transformés en terrains de hockey sur glace (n'importe quoi  ces Finlandais!); les petits bouts de chou faisant de la luge un peu partout; les gamelles à vélo,  à pied, en voiture (un peu moins rigolotes, celles-là); le fleuve complètement gelé, recouvert d'une gigantesque couche de neige


Et puis, voilà, des images dont on ne se lasse pas...

Par anneso
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Mercredi 14 janvier 2009


De retour à Turku après trois semaines franco-françaises. selon mes parents, j'ai été odieuse les premiers jours, critiquant tout ce qui avait trait à la France (il y a trop de monde, les gens râlent tout le temps, c'est pollué, ils doublent, ils ne sont pas aimables, il n'y a pas de lait gratuit avec le café, etc). Je me suis un peu calmée en retrouvant Biarritz (17°, soleil magnifique, et une folle envie de me baigner) et ses rares habitants (période creuse); avec l'invasion espagnole le week-end ( ce qui n'est pas pour me déplaire, of course). j'ai remangé des trucs qu'on voit rarement (si ce n'est jamais) en Finlande, comme de la viande à tous les repas, en particulier du boeuf, du foie gras (essayez d'expliquer à un étranger ce que c'est...), des Pink Lady (mes pommes préférées qu'on ne trouve qu'au Stockman à Turku... à 10 euros le kilos), des yaourts en pot, des haricots verts et des courgettes (oui, oui, vous lisez bien. ce sont des mets super exotiques là-bas)

bien sûr, pendant que j'étais à Biarritz, il a fait -12 à Paris, avec neige et tout le toutim, et j'ai loupé cette merveille (j'ai juste eu droit au froid la dernière semaine de vac). même chose en Finlande; et je rentre dimanche soir, la neige s'est transformée en gadoue, et il fait entre 1 et 5 degrés (mais on devrait repasser à -7 demain)

J'ai donc des nouveaux "naapurit" (voisins) pour le second semestre (les Germains sont partis, ils étaient une centaine en septembre, ils doivent être 10 pour cette période)., heureusement pas de Français (pour le moment... il reste trois chambres libres), qui sont tous dans un autre bâtiment (la moitié de la France est venue à Turku, visiblement... eurk), mais deux Italiens charmants, une lituanienne, une turque (rien à voir avec le cliché turc qu'on a), deux espagnols (je n'ai vu que la fille, pour le moment), et deux françaises qui étaient déjà là au premier semestre (dont mon amie)

J'ai un peu déconné avec les cours, et je me retrouve avec 12heures de langue par semaine (6 en espagnol, 6 en finnois), et 4 cours d'europe pour tout le semestre ( un par mois, d'une heure trente par semaine environ, donc). J'espère que sciences po appréciera ma justification (les langues, c'est super important pour une carrière dans l'UE, et il n'y a qu'en Finlande que l'enseignement est bon...

ainsi, outre mes objectifs de continuer à pratiquer l'espagnol, et devenir "bilingue" en finnois (non, je blague, faut pas pousser mémé dans les orties quand même. mais j'arrive à comprendre certains articles de journal, maintenant, mes amis finlandais m'écrivent leurs mails/textos en finnois, et je leur réponds de la même manière; faut dire que je n'avais rien à faire pendant les vacances de noël... j'ai donc bossé le finnois. ça fait bizarre de se tourner les pouces, alors qu'avant, c'était "partiels, partiels, partiels"), je vais profiter de mon temps libre pour faire Stockholm, Levi (l'une des plus grandes stations de ski de Laponie finlandaise), les îles Åland, la Roumanie peut-être, et une semaine dans un cottage dans la région des lacs (quand il fera beau!)

Article sur la Norvège en préparation, je dois rejoindre mon cours d'espagnol, nyt! (maintenant).
Par anneso
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Samedi 20 décembre 2008

                                  

désolée pour ma paresse, mais je n'ai pas eu le temps d'écrire ce mois-ci. Maintenant, me revoilà en France pour les trois semaines les plus longues de ma vie. Je suis, bien évidemment, très contente de revoir ma famille et les quelques Parisiens qui se souviennent de moi, mais la Finlande me manque déjà. Après avoir déprimé pendant un temps en septembre, avoir cassé du sucre sur le dos des Finlandais, leur comportement, les trucs nuls, moches, chers... Je dois admettre que c'est le pays le plus formidable au monde. Peut-être aussi parce que je suis française, et que là-bas, j'ai l'exclusivité ? Toujours est-il que j'ai vécu mon retour à Paris comme une véritable agression. Pas une seule personne parlant finnois ou anglais, les bousculades, les engueulades, le caractère morose de tous les Parisiens; l'impression que tout est dû aux Français, que les règles n'ont pas été créées pour eux. Il semble donc tout à fait normal que je me fasse méchamment "engueuler"par une dame quand j'ai osé lever les yeux au ciel, à la vue de son chien faisant ses besoins devant la porte de mon immeuble.

Ne plus pouvoir dire hei Hei, ni kiitos aux vendeurs; ne plus parler anglais quand je suis larguée dans une conversation finnoise avec le vendeur de salades de Kauppatori (the Market Square, in Turku); ne plus manger à n'importe quelle heure, n'importe quoi, n'importe où; ne plus faire de sport; ne plus s'extasier devant les paysages finlandais. J'ai le mal Erasmus...

je vais donc essayer profiter de ces trois semaines loin de ma Finlande adorée pour améliorer mon finnois et réapprendre à m'habituer à la "French attitude". Soon, un article sur le noël finlandais,un sur mon voyage en Norvège (manque de pot, j'ai oublié mon chargeur à Turku, du coup, pas de photos avant le 11 janvier), et sans doute une comparaison plus poussée du modèle de vie finlandais et français.

Par anneso
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Mercredi 19 novembre 2008

Oui, je sais que je n'écris pas beaucoup, mon problème c'est que je suis très bavarde et que quand je commence, je ne peux plus m'arrêter. Or, ces temps-ci, j'ai l'impression de me retrouver à la veille des partiels de Sciences po.
vais essayer d'être plus régulière.

En tous les cas, voilà la première photo officielle de Turku sous la neige (ou sous une petite couche de poudre blanche glacée, si on veut être plus précis). ça n'a l'air de rien, mais après avoir subi la pluie pendant des jours et des jours parce qu'il fait plus de 0, et un soleil magnifique quand il faisait -6.... voir la neige autre part qu'à la télé, ça fait plaisir !!!!!

Oui, donc, comme je disais, à part la neige, pas mal de boulot. Les exams sont quand même beaucoup plus faciles qu'en France. Et répartis de manière plus intelligente. Comprendre: on ne passe pas 15 trucs en deux semaines, mais un petit tous les 7 jours. ce sont surtout des disserts à rendre ( de 20 pages, ok), donc beaucoup de travail maison.

Sinon, certains magasins sont ENFIN ouverts le dimanche, ce qui rend ce jour nettement plus intéressant (nette tendance à s'ennuyer au Student village, quand il n'y a ni cours, ni beau temps un 'sunnuntai'), et les commerçants n'ont pas l'air de souffrir de travailler une journée supplémentaire.

What's wrong with France ? en Finlande, pas question de faire la grève pour réduire l'âge de la retraite (autour de 70 ans), ni pour protester contre la suppression de postes dans l'éducation (qui marche du tonnerre, à en croire les étudiants finlandais), ou le manque de crèches (tous les petiots sont casés ici : ils jouent joyeusement dehors, qu'il neige, qu'il pleuve, qu'il vente. avec ceci dit l'ordre de ne pas sortir de classe en cas de température inférieure à -15...)

Puisque nous sommes dans la rubrique météo (que je check cinq ou six fois par jour, soit dit en passant), les journées sont parfois un peu déprimantes. Le jour se lève à 9 heures et se couche à 15h30. du coup, je vais en cours, il fait presque nuit encore; je sors de cours, il fait nuit noire (ok, pas tous les jours, vu que j'ai environ 2heures de cours par jour...)
les étudiants rentrent lentement en hibernation. à l'exception du mercredi soir et du week end où le printemps renaissant leur permet d'aller faire la fête (printemps = overdose d'olutta ou bière comme vous préférez).

il est temps de me remettre à bosser l'histoire de la Finlande et de son Alsace-Lolo à elle (qui se trouve être la Carélie). Prochain article coming soon, I promise

Näähdään !!
Par anneso
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Mardi 23 septembre 2008

j'ai enfin trouvé comment répondre aux commentaires (patate, j'ai inauguré avec toi). à partir de maintenant, chacun aura sa réponse, à vous de chequear! ( = to check en espagnol)

Voilà depuis quelques jours, Tuku s'est transformé en petit coin de paradis. Sisi, je vous assure. Un soleil magnifique, une chaleur surprenante (on est presque en t-shirt !!); et surtout l'apparition du paysage d'automne, d'une beauté à couper le souffle. voilà quelques photos déjà, j'en prendrai d'autres demain






Voilà, sinon quoi de neuf ? Un petit passage à vide ces dernières semaines. Mal du pays, froid, pluie, casse-tête chinois pour choisir mes cours. Je n'avais pas trop la pêche pour écrire.

Mais je dois avouer que le temps m'a regonflée à bloc ! Je fais le plein de "vitamines solaires" comme on a pris l'habitude de dire.

Déjà, il est difficile de déprimer quand on déguste du saumon cuisiné à la finlandaise. Je ne connais aucun Français ici qui ne soit pas transporté au septième ciel, rien qu'à l'odeur.
Ensuite, je pars à Saint Pétersbourg dans une semaine ! J'espère qu'il fera beau bien sûr, mais je suis toute excitée à l'idée de pénétrer en territoire ennemi (les Russes ne sont pas mes amis, au même titre que le gouvernement américain).
Blague à part: il vaut mieux être française qu'américaine pour se rendre en Russie : comme par hasard, le prix du visa est de 45 euros pour la majeure partie des pays de l'UE (sauf pour les British, bien entendu, ils doivent aligner le double.. hahaha) et de plus de 120 euros pour les USA !
qui a dit que l'entente cordiale était rétablie entre les deux puissances les plus faux-cul du monde ?

Ensuite, mes cours ont commencé, et tout se passe plutôt bien. Je n'ai pas l'impression d'entendre du chinois en écoutant un cours en anglais, au contraire, je suis très étonnée de voir les progrès que j'ai fait en l'espace de deux mois.
Je poursuis mes cours de finnois avec enthousiasme. je parlerai sans doute aussi bien finnois à la fin de l'année que je ne parlais anglais au bout de 6 ans... La prof est super et sa méthode efficace !

Je me suis aussi fait plaisir en prenant un cours d'espagnol en finnois. Disons que c'est un cours en principe réservé aux Finlandais qui veulent apprendre l'espagnol, la prof parle donc à moitié en finnois, et à moitié en espagnol. Nous ne sommes que deux "étrangers". l'autre français ne parle pas très bien espagnol mail il a quelques bases en finnois (il a de la famille en Finlande), et moi, et bien je suis tout en espagnol, et je corrige les fautes de mon voisin, c'est super rigolo. en même temps, on a de nombreux exercices de traduction à faire, du finnois à l'espagnol; ce qui me demande un peu de patience (il faut d'abord que je "translate" du finnois au français) mais quelle joie de me rendre compte que je commence à percer les mystères de la syntaxe et de la grammaire finnoises ! du coup, je fais des heures sup' de finnois.
bon, le revers de la médaille, c'est qu'une fois sortie du cours, je suis incapable d'aligner un mot en anglais...

une photo de mon département de "contemporary history", l'un des plus vieux bâtiments de la fac


qui se trouve en pleine nature...

et un bâtiment plus moderne, la fac de droit :



et un parking finlandais...


Le week-end dernier, c'était aussi les journées du patrimoine en France (oui, je continue à suivre attentivement l'actualité); et ben, à Turku, c'était "Turku day"! pendant deux jours, des festivités grandioses !!! (bon, on parle de Turku, hein ? Pas de Pékin). les magasins ouverts le samedi ET le dimanche (pas tous), une super foire à "kauppatori" (market square = la place du marché non couvert qui se tient tous les jours sauf le dimanche), des spectacles de moumines et autres bizarreries typiquement finlandaises

comme le tango, fort apprécié de la population... ancienne...
(j'ai pris trois photos de pépé, à la fin il m'avait à l'oeil... pas sûre qu'il ait apprécié...)

et puis, quelques photos du marché quand il fait beau, juste pour le plaisir des yeux :

bon, les prix ne sont pas donnés, mais ils ont un peu de tout! (sauf des haricots verts et des courgettes... enfin, ils ont des courgettes qui ressemblent à des obus. elles font en générzl 800g-1 kilo chacune!!!!!)


les fruits finlandais par excellence: les airelles (ou baies rouges, comme vous voulez). c'est la saison, et les gens en achètent des litres et des litres ! on les cuisine avec du renne, du saumon, mais on évite de les manger crues (c'est un peu acide...)


le marchand de salades: le seul endroit où on trouve des salades normales !!! (encore une fois, les prix sont ahurissants...)

et puis, bien sûr, pas de Turku day sans feu d'artifice : nous assistons donc à une sorte de lancer de pétards à 21h (il fait nuit noire), les Français se tordent de rire: c'est un peu minable, avec un effort sur la fin. Mais le tout, c'est de faire la fête. et puis voir la tête des Petits vieux Finlandais ébahis, ou des minots de 3 ans, ça fait plaisir !


Par anneso
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Dimanche 17 août 2008

Voilà déjà deux semaines que je suis à Turku, et je commence petit à petit à prendre mes repères. Comprenez : je me perds de moins en moins quand je me rends dans le centre-ville. Surtout que, désormais, je ne me déplace plus jamais sans ma Julia, une vieille bicyclette finlandaise de 78 ans, plus légère qu’un vélib, mais qui n’aime pas trop le vent (quelques bleus spectaculaires sur mes jambes…)


 

Avec le groupe, nous avons déjà visité les principaux « famous buildings » de Turku. Pour être honnête, il n’y a pas grand-chose à voir dans la ville. La cathédrale, le musée des arts et le Turunlinna, le plus vieux château de Finlande. Avec trois bricoles à l’intérieur, et des escaliers à n’en plus finnir.

 

A ce propos, Turku se prépare à devenir la capitale européenne de la culture en 2001, ce qui laisse les touristes aussi bien que les Finlandais fort sceptiques. Mon tuteur se gratte la tête pour comprendre ce que Turku va bien pouvoir faire pour se hisser au rang de capitale culturelle, avec Tallinn.

 

Le château

 

Le vieux quartier de Turku : ce sont les seules maisons à n’avoir pas brûlé durant le terrible incendie de 1827 qui ravagea la ville.



Comme vous les voyez, le soleil brille...


 

La cathédrale

 

Sinon, les cours de finnois avancent à grands pas. On m’avait dit que ce serait intensif, mais là, ça frise le death. Chaque jour, deux nouvelles règles de grammaire à digérer, et l’examen dans quelques jours. Les Finnois sont encore plus fous que les Français pour ce qui est des verbes irréguliers, même si les profs s’entêtent à nous dire que tout est very « logical ».

 

J’essaie aussi de m’adapter à la vie quotidienne finlandaise en elle-même. Je me suis acheté un super Nokia et une « pre-paid card » qui me permet de téléphoner à des prix défiant toute concurrence, même pour des appels vers l’international ; les repas pas chers à la cafétéria universitaire, avec pain et salade à volonté. Non, pains, pardon. Les Finlandais sont aussi dingues de pain que les Français, et le rayon à la cafet’ est assez extraordinaire. Dommage que tous les pains se vendent en sachets dans les supers ; le pain frais de boulangerie me manque atrocement.

En revanche, pour les repas pris en dehors du lunch, c’est le parcours du combattant. Tous les produits sont en finnois, même ceux importés de France ou d’Angleterre. Je ne suis pas toujours sûre de la composition, en particulier pour les yaourts. Ici, on les vend à l’unité, par pots de 150, voire 200g. Il est très difficile de trouver des yaourts « nature » qui ne soient pas allégés, ou enrichis en vitamines ; par contre, les yaourts aux fruits, on en trouve à la pelle. J’ai réussi à mettre la main sur des Activia, qui se vendent par deux, pour le prix de 8 en France.

Le rayon « lait » est aussi très impressionnant. Les Finlandais ont pour habitude de boire du lait à tous les repas (la bière étant réservée au mercredi et eux week end). C’est moins flagrant qu’il y a dix ans, mais le nombre de laits différents dépasse mon entendement. A la cafet’, on a le choix entre 7 laits différents pour le déjeuner ; ainsi que 5 sortes de beurre (ici, on ne mange pas son pain nature, mais copieusement beurré).

 

Pour la viande, c’est un peu plus dur. Il est impossible de trouver des filets de poulet ou de bœuf comme on en trouve en France. Tout se vend sous vide par 400-600g ; et le plus souvent, tout est mariné. Les Finlandais sont fanas d’épices et de sauces, mais franchement, les préparations sont peu appétissantes. Difficile, aussi, de trouver du poisson « nature », à part au marché. On aura plutôt le choix entre trois types de poissons panés, du thon cuisiné… Leurs œufs n’ont pas la même couleur qu’en France, et je n’ai toujours pas réussi à acheter du jambon « normal ». Par contre, pour ceux qui aiment la charcuterie (saucisses, etc), les supermarchés finlandais sont une vraie merveille.

 

Un petit mot aussi sur l’alcool : la consommation est strictement contrôlée : on ne peut acheter d’alcool que dans les magasins spécialisés (pour peu qu’on ait 10 euros à dépenser pour une bouteille de très mauvais vin australien) ; en revanche, le bière est en libre service un peu partout. Des montagnes de packs, en particulier la fameuse « lapin kulta », ou la « reindeer piss » comme disent mes copains British ( de la pisse de renne, parce qu’elle est assez dégueu… mais pas chère) que les Finlandais et les étudiants étrangers boivent comme du petit lait.  


 

Quant aux cigarettes, pas de marchand de tabac, on achète tout dans les supermarchés. Le prix est également super attractif, par rapport à la France. Là encore, le tabac en libre-service est quelque chose d’étrange pour un Français. Mais le plus étonnant, c’est que les Finlandais ne fument vraiment pas beaucoup. Si le tabac se vendait de cette manière en France, le nombre de cancers augmenterait de manière fulgurante.

 

Mon tuteur m’avait dit que l’été durait jusqu’à la fin août en Finlande. Force est de constater que ça ne sera pas le cas cette année. J’ai investi dans une polaire, et je sors rarement sans mon écharpe. J’ai aussi les mains congelées, mais je ne peux me résoudre à mettre des gants. Comment affronter l’hiver, sinon ?


 

Au Student (là où j’habite), les fêtes continuent. Les appartements se remplissent petit à petit d’étudiants de toutes les nationalités ; les Allemands et les Espagnols sont majoritaires, ceci dit. Mon étage compte un Germain de plus. Les deux Grecs s’en vont dans une semaine, j’espère ne pas être envahie par l’armée française... Même si c'est un plaisir de délaisser l'espagnol et l'anglais pour discuter avec la seule Française de mon groupe de langue, fille avec laquelle je m'entends super bien.
Voilà Julie

Je mettrai des photos de groupe une autre fois.

Je finis quand même par la photo la plus représentative du méli-mélo étudiant/linguistique de Finlande, représenté par Piggyduck, ou encore pato-cerdo, ou en français le canard-cochon qui trône à l'entrée du Student village:

Par anneso
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Dimanche 10 août 2008

Jyväskylä, la « capitale » des la région centrale des lacs. (prononcez « Yuvaskula ») Ville qui ne paie pas de mine, habituelles galeries commerciales (il y en a des dizaines dans chaque ville de Finlande, à cause du froid : l’hiver, les Finlandais « vivent » dedans), rues rectangulaires, immeubles modernes et austères.


 

Mais tout autour, naturellement, de merveilleux lacs, des forêts à n’en plus finir. Et le campus universitaire de Jyväskylä est aussi une réussite : rien à envie aux campus américains. Les Finlandais savent y faire pour rendre les études de leurs petits plus agréables !

Nous en profitons pour visiter le musée dédié à Alvar Alto, l’un des plus célèbres designers finlandais, aussi grand architecte, qui a fait des choses vraiment vraiment étonnantes.

 

Puis, en chemin, visite d’une autre église (je vais finir par renier le catholicisme pour le protestantisme)


 

Petit arrêt au marché d’une ville sur la route de Tampere ou nous faisons nos provisions de fraises et de framboises. Autant les produits laitiers sont hors de prix en Finlande, autant le prix des légumes et des fruits est tout à fait abordable pour nous, parisiens. Et surtout, les fraises ont un goût absolument exquis !!! Je n’ai jamais mangé d’aussi bonnes fraises. Sur n’importe quel marché finlandais, on trouvera une dizaine de petits vendeurs de « berries » : mûres, myrtilles, airelles, framboises, et bien sûr, les fraises, et de temps en temps des cerises (je n’en ai pas encore goûtées, ceci dit)

 

 La plupart des poissons sont marinés, avec poivre, sauce, ou whatever, mais on peut aussi trouver du poisson nature. Beaucoup de saumon, bien sûr, mais également des perches ou encore de la dorade. Mes connaissances  « poissonnesques » finlandaises s’arrêtent là, j’ai toute l’année pour approfondir ma culture dans ce domaine.

 

Et dans l’après-midi, nous arrivons à Tampere, troisième plus grande ville de Finlande si mes souvenirs sont bons. On la dit très industrielle, défigurée par des buildings modernes, etc. Mais en fait, elle n’est pas plus « laide » que les autres grandes villes finlandaises. Et puis, qui soucie de l’allure des immeubles quand on a devant soi de magnifiques parcs couverts de fleurs rouges, une eau nickel, un ancien quartier ouvrier totalement rénové, avec des vieilles maisons à visiter ?



Jeudi 30, nous arrivons à Turku, terminus du voyage. Premières impressions assez mitigées : la voiture s’arrête dans une rue version Texas : vieilles maisons en bois, devantures un peu sombres et poussiéreuses, soleil de plomb. Pour un peu, je regretterais presque de n’avoir pas choisi Tampere pour mon année Erasmus.

 

Nous déposons nos affaires à l’hôtel et partons faire un tour de la ville. Qui me paraît immense. N’ayant aucun sens de l’orientation, je commence à paniquer. Je n’ai pas intérêt à me perdre.

Nous longeons une partie de l’Aura, ou Auraki, le fleuve qui traverse Turku. C’est l’époque du festival de rock, et des milliers de Finlandais sont assez un peu partout sur l’herbe, une (ou trois) bière à la main.



 

Le lendemain, j’ai rendez-vous avec mon tuteur. A chaque Erasmus est, en effet, attribué un étudiant finlandais pour l’aider à se repérer dans la ville, à s’occuper des différents papiers administratifs, etc. Le mien est parfait. Il sait même un peu parler français. En deux jours, je suis officiellement étudiante à Turku : carte de bibliothèque, compte en banque, enregistrement à la poste, inscription à la fac.



 

Last but not least, je récupère les clefs de mon appart. Je loge au « student village ». Il s’agit d’une petite ville à la périphérie de Turku, où résident la plus grande partie des étudiants, qu’ils soient internationaux ou finlandais. Ceci dit, les Erasmus ne vivent pas avec les Finlandais, pour éviter que les perpétuelles fêtes estudiantines ne viennent trop perturber ces derniers.


vue de mon appart :

 

Les routes sont en état de rénovation. C’est d’ailleurs le cas de la moitié de Turku. Je suis dans le bâtiment 3 B, troisième étage. Qui n’existe pas. Les Finlandais ont des coutumes bizarres. Le premier étage est en fait le RDC pour nous et ainsi de suite. J’ai intérêt à faire attention à la fac.

L’appartement est fonctionnel, 18m², une salle de bain pour moi, lit, bureau, placards.



Les murs blancs n’attendent qu’une déco personnalisée. Quant à la cuisine, c’est la pièce la plus agréable. Très vaste, pour accueillir pas mal de monde. J’ai ce qu’on appelle un « single flat », et je partage la cuisine avec 11 autres étudiants. Pour le moment, nous ne sommes que 4, deux grecs et une Hollandaise



 

Petit tour au supermarché Prisma (une sorte de Carrefour géant) pour acheter les produits de première nécessité. Manque de chance, j’ai oublié mon dictionnaire. Je me retrouve donc avec une sorte de pâte blanche salée en guise de beurre, et de la mayonnaise à la place de la moutarde.

 

Nous partons ensuite à la recherche d’un vélo. Petit problème : une bicyclette vaut à peu près aussi cher qu’un scooter (à peu près). Comment est-ce possible avec le nombre de vélos au mètre carré à Turku ???? Je remets cette acquisition à plus tard.

 

Le vendredi matin a lieu mon premier cours de finnois. J’ai déjà quelques bases, grâce à ma méthode Assimil made in France, et c’est à ce moment-là que je me rends compte pourquoi les Français sont aussi nuls en langue. Ici, il n’est question que de participation, interactions avec nos voisins, échanges en anglais. Bref, un cours dynamique qui ne nous permet pas de somnoler dans notre coin pendant que la prof récite les règles de grammaire, comme c’est la coutume dans notre pays.

A ma grande surprise, je comprends pratiquement toutes les explications données en anglais. C’est certes un peu fatiguant, mais j’ai bon espoir de réussir à prendre des notes quand mes cours débuteront dans un mois.

 

Dans mon groupe EILC, nous sommes une petite trentaine. La française qui devait participer au cours n’arrivera pas avant lundi ou mardi. C’est bien la première fois que la France est minoritaire quelque part. Je me rapproche donc des espagnols qui parlent à une vitesse ahurissante, mais ça me demande moins d’efforts que de communiquer en anglais. Ils sont d’ailleurs tout contents de m’entendre parler leur langue, et je reçois des compliments sur mon accent. Moi qui avais peur d’oublier l’espagnol durant mon année Erasmus, faute de pratique, je suis rassurée. A ce rythme, dans deux mois, je suis bilingue.

 

Les Espagnols ont une fâcheuse tendance à ne rester qu’entre eux (ils sont aussi nuls que les Français en anglais), et je quitte momentanément ma « nationalité » d’adoption pour aller faire connaissance avec le reste du groupe. Chance ! Je rencontre deux British pure souche. Accent inimitable, gentillesse et politesse indescriptibles, avec cette petite touche de snobisme qui caractérise leur manière de s’exprimer. Je jouis d’une position particulière par rapport aux autres, puisque je suis française ! Et c’est bien connu, les Anglais et les Français s’adorent (qui a dit que nous étions en guerre perpétuelle). Nous entamons donc une grande conversation, mêlant paroles et gestes, avec de temps en temps, un « please, could you speak slowy ? »

 

Il y a aussi deux Italiennes, ce qui me permet de rafraîchir mon italien ; une autre anglaise un peu précieuse, des slovaques, un serbe, des Hongrois, les habituels Allemands, ma voisine hollandaise, les deux grecs, une Autrichienne, un tchèque au rire tonitruant et une colombienne qui vit depuis trois ans à Nice et parle un français presque impeccable. Même si elle préfère communiquer presque exclusivement en espagnol.

 

Le vendredi après-midi, je pars en excursion avec mes parents, sur l’île de Ruissalo, qui fait partie de l’archipel de Turku, l’un des plus beaux du monde. Les paysages sont à couper le souffle, et nous décidonc d’explorer les environs en louant des vélos. Nouvelle surprise : les Finlandais ont leurs « propres vélos ». Pas de dérailleurs, pas de freins, on s’arrête avec les pédales. Ce qui me vaut une splendide chute et met fin à notre désir de circuler à bicyclette.

Peu de Finlandais sont présents sur la plage. Pourtant, la mer est assez agréable (entre 19 et 20 degrés).

 

Le samedi matin, nous visitons le marché couvert de Turku, une petite merveille en briques avec des étals tous plus appétissants les uns que les autres. Il est impossible de trouver une boulangerie ou même une boucherie en ville. Il n’y a que des supermarchés, et les commerçants sur la place centrale qui viennent chaque jour vendre leur production. Mais ici, je découvre plusieurs « stands » de viande, poissons, divers pains et viennoiseries.


 

Samedi, c’est aussi le jour des adieux, mes parents m’abandonnent dans un pays où les gens commencent à boire de la bière à partir de 9heures du matin et où la moutarde « nature » n’existe pas…

Par anneso
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Mardi 29 juillet 2008

 J’inaugure ce blog en commençant par un grand merci aux pères fondateurs de l’Union européenne grâce à qui le programme Erasmus a pu être mis en place.

Non, sérieusement, pouvoir se la couler (plus ou moins) douce pendant un an dans un pays étranger, en recevant même une petite subvention, je trouve ça super ! (Petite pensée à Monsieur Erasme...)


 

Voilà, donc, étant étudiante à sciences po Lille, mon cursus « m’oblige » à effectuer une année scolaire à l’étranger. Mon anglais étant assez médiocre, j’ai dû abandonner mes rêves andalous ou chiliens (j’ai une passion pour l’espagnol), et opter pour un pays à fort potentiel anglophone.

 

Et parce que je n’aime rien faire comme tout le monde (et surtout parce que je suis spécialisée dans les affaires européennes, donc aucune manière de justifier un éventuel départ aux States), j’ai choisi la Finlande.

 

Ce vaste pays de 5 millions d’habitants et des brouettes compte deux langues officielles : le suédois et le finnois (on ne parle pas finlandais !! une bonne fois pour toutes, le finlandais, c’est la nationalité !), plus le sâme dans le nord du pays. La Finlande a donc dû se mettre à l’anglais, et fissa, pour s’intégrer dans l’UE, et plus généralement dans les échanges internationaux. Ce qui permet, entre autres, aux petits étudiants comme moi, de passer un an dans cet Etat réputé pour ses forêts, ses lacs (187 888 tout de même !) et ses saunas. Les cours sont principalement en anglais, et pratiquement tous les Finlandais de moins de 50 ans maîtrisent parfaitement cette langue (pas comme les Français…)

 

Et tant qu’à faire, pourquoi ne pas en profiter pour apprendre le finnois ? (le suédois, ce sera pour plus tard…). Ainsi donc, en plus de mes 10 mois Erasmus, je me suis inscrite à un stage intensif de finnois pendant tout le mois d’août, histoire de me fondre dans la masse des Finlandais ( ils sont grands, blonds avec les cheveux raides ; je suis petite, brune avec des boucles. Mais c’est un détail).

 

Le truc un peu rebutant, dans ces échanges internationaux, c’est la paperasse administrative. On a régulièrement l’impression qu’on ne partira jamais, qu’il manquera toujours une photo d’identité, un centime ou un coup de téléphone.

Je crois même qu’on devrait remettre une médaille à tous les étudiants qui parviennent à leur fin. Une victoire contre l’infâme système administratif français (et son manque préoccupant de personnel), c’est la moitié des crédits exigés pour valider l’année.

 

Heureusement, la complexité et le fouillis français administratifs sont largement compensés par l’efficacité et la prévenance finlandaises. Jamais vu des gens aussi polis ! Ils répondaient à tous mes mails dans les 24h maximum et se confondaient en formulations de courtoisie : kind regards, have a nice day, yours sincerely… En France, on a le droit à un « cordialement » quand l’interlocuteur est de bonne humeur… et qu’il répond aux mails !

 

Bref, impression positive dès le départ. Je suis heureuse de mon choix. Les informations sont claires, j’ai d’ores et déjà un tuteur qui m’aidera à récupérer les clefs de mon logement, plus ouverture d’un compte en banque, patati et patata (en plus, il parle français)

 

 

Le 26 juillet, je dis donc au revoir à la France et décollai pour l’inconnu…

Par anneso
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